La Cafetière

La Cafetière
CRÉATION AVRIL 2012

Le spectacle commence comme un concours d’histoires de revenants. Laetitia Angot, l’une des actrices évoque les histoires les plus atroces et anime la dite veillée. Au bout de quelques contes à faire peur, elle commence à lire à haute voix La cafetière de Théophile Gautier. Dans cette nouvelle, un jeune homme, invité chez des amis, loge dans une chambre où a lieu, de nuit, un mystérieux bal. Il y danse avec une jeune fille en apparence indifférente. Au petit matin, ses hôtes retrouvent le jeune homme étreignant furieusement les débris d’une cafetière. Il apprendra plus tard que la jeune fille apparue cette nuit-là est morte depuis deux ans et qu’ « il n’y a plus de bonheur pour lui sur cette terre ».
Au cours de la lecture, l’étrange fait irruption dans le quotidien.

Dans cette lecture, nous avons travaillé sur le fait que les objets du quotidien deviennent étranges, que l’environnement même est trouble. De même que le service à café se transforme en êtres humains dans la nouvelle, quel est le hors-champ ? y a-t-il quelqu’un dans la pièce d’à côté ? y a-t-il une pièce d’à côté ? Le travail sonore comme visuel portera sur le trouble et l’imaginaire qui peut en découler. On alterne, dans la musique, entre des sons à peine perceptibles, et des musiques très fortes : toutes les légendes de revenants traitent du vacarme fait par le mort dans un lieu insoupçonné. Les accessoires concrets et quotidiens (le service à café utilisé pour la veillée) peuvent s’avérer piégés.
Le travail scénique se concentre sur l’hésitation qui définit le fantastique, qui peut s’expliquer rationnellement (le narrateur a rêvé) ou irrationnellement (les fantômes existent). Le dispositif de la lecture initiale, relayée ensuite par une narration où l’actrice s’adresse directement aux spectateurs, reprenant à son compte le récit de Gautier, jouera le mystère des limites : même si le récit semble distancé, lu par une femme alors que le narrateur est un homme, l’actrice reprendra peu à peu à son compte la narration, et la partie irrationnelle du récit commencera à prendre vie, sous des formes plastiques et sonores. Le groupe de musiciens joue peu à peu son propre rôle : celui des musiciens de la tapisserie qui s’anime peu à peu. La deuxième présence (Solène Froissart ou Charlène Strock) travaille sur cette cafetière qui prend vie et sur la matière du café.

Le projet de cette forme est de la construire au gré des lieux où elle peut se jouer, mais de se contraindre systématiquement à des lieux du quotidien où le mystère peut arriver. A Belfort, la lecture-spectacle s’est jouée dans les souterrains du château puis dans différents lieux insolites du réseau des médiathèques du territoire.

Lecture musicale dirigée par Anne Monfort et Hervé Berger
Avec Laetitia Angot et Solène Froissart ou Charlène Strock
Et les musiciens de la classe de percussions d’Hervé Berger de l’ENM Belfort

20 avril 2012 Le Granit – Scène nationale de Belfort – Création dans le cadre de la nuit fantastique
6 > 9 juin 2012 Tournée dans le réseau des médiathèques départementales

PRESSE
Revue de presse – La Cafetière